L’écoute empathique

Comment adopter la juste posture face à un proche qui rencontre des difficultés ou qui est en situation de souffrance? Je souhaite vous partager ici un outil proposé par le psychiatre David Servan-Schreiber*, spécialiste en neurosciences, qui permet de développer sa capacité à écouter avec le cœur.

Résistez à la tentation du « moi, à ta place… »

Nous avons tous été au cours de notre vie témoin de la souffrance d’un proche, qu’elle ait été causée par une difficulté financière, une maladie ou un petit bobo de la vie. Peut-être nous sommes-nous sentis démunis en le voyant ainsi ou peut-être avons-nous eu envie de l’aider. Dans bien des situations, lorsque nous voulons aider quelqu’un, notre tendance naturelle est de conseiller la personne en s’imaginant notre réaction si nous étions à sa place. Il est en effet tentant de se projeter dans la résolution d’une situation en utilisant le fameux « moi, à ta place… », alors même que la personne ne nous a pas demandé notre avis. Aider quelqu’un, ce n’est pas forcément lui apporter une solution toute faite à son problème, mais plutôt l’amener à trouver ses propres solutions à travers un processus de questionnement.

Ainsi, si votre voisin partage avec vous ses soucis d’argent, ce n’est pas forcément parce qu’il souhaite que vous lui en prêtiez (même si cela reste une possibilité). Il y a de grandes chances pour qu’il n’attende pas une solution prête à l’emploi, mais plutôt une épaule sur laquelle s’épancher, une oreille attentive. Accompagner quelqu’un, c’est l’amener à trouver ses propres réponses en lui montrant les choses sous un angle différent, en lui faisant prendre conscience des ressources dont il dispose et qu’il ne voit peut-être plus tant la situation l’affecte. Comment y parvenir?

Les Questions de l’ELFE

David Servan-Schreiber nous suggère de poser les Questions de l’ELFE. Il s’agit de 5 questions d’une simplicité désarmante, qui relèvent du bon sens et pourraient aisément devenir chez nous un réflexe lorsque nous nous mettons en posture d’écoute.  

Q pour Que s’est-il passé?
La première étape pour nous permettre d’apporter un soutien à quelqu’un qui souffre, c’est de comprendre sa situation. Ici, il ne s’agit pas d’inciter la personne à s’épancher longuement et donner tous les détails, mais de la laisser parler uniquement deux ou trois minutes sans l’interrompre. Naturellement elle ira à l’essentiel, nous permettant ainsi d’appréhender les principaux déclencheurs de sa souffrance. 

E pour quelle Émotion as-tu ressentie?
Au-delà des faits exprimés, c’est surtout l’émotion qui nous importe. Cette question amène la personne à mettre des mots sur ce qu’elle éprouve. Même si on peut imaginer ce qu’elle ressent en se mettant quelques instants à sa place, il est essentiel qu’elle l’exprime avec ses mots. Prendre conscience d’une émotion vécue est un premier pas sur le chemin du mieux-être.

L pour qu’est ce qui a été Le plus difficile?
Il s’agit ici d’amener la personne au cœur de sa douleur, afin qu’elle puisse ensuite se donner une impulsion pour aller de l’avant. Cette question peut sembler délicate et nous donner l’impression de remuer le couteau dans la plaie, mais David Servan-Schreiber indique qu’elle est nécessaire pour ne pas laisser la personne se noyer dans l’émotion. C’est la question la plus puissante, car elle permet de rassembler ses idées autour de ce qui fait le plus mal, d’y focaliser l’attention et de crever ainsi l’abcès.

F pour qu’est ce qui t’aide le plus à Faire face?
Nous amenons ici la personne à réfléchir aux ressources dont elle dispose, sur ce qui va lui permettre de construire et se sortir de sa situation. Tout n’est pas résolu pour autant, mais prendre conscience des ressorts sur lesquels s’appuyer permet de se sentir moins perdu, de savoir vers où se tourner pour répondre aux besoins immédiats. 

E pour marque d’Empathie.
A la fin de l’échange, nous pouvons nous autoriser à exprimer ce que nous ressentons vis-à-vis de la personne et de sa situation: « Cela a dû être très difficile pour toi »; « je comprends ce que tu as pu ressentir »… Nous lui montrons ainsi que nous avons partagé, le temps d’un échange, sa souffrance. Encore une fois, cela ne résout pas tout mais permet à la personne de se sentir plus forte et moins seule alors qu’elle s’apprête à poursuivre son chemin. 

Expérimentez l’écoute empathique!

Etes-vous prêts à relever le défi? La prochaine fois que vous rencontrez un ami, collègue ou voisin en souffrance, posez-lui les Questions de l’ELFE. Expérimentez! Dans le cadre de mon métier de responsable ressources humaines, j’ai moi-même utilisé cette méthode à maintes reprises au cours d’entretiens avec des collaborateurs, et je suis chaque fois surprise de leur impact. Essayez, vous ressentirez les bénéfices d’un échange humain et bienveillant. Faites-le avec la véritable intention d’écouter cette personne et de partager, l’espace de quelques minutes, la souffrance qu’elle éprouve. 

A très bientôt,
Une communicante qui vous veut du bien

Référence:
* David Servan-Schreiber, Guérir (le stress, l’anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse)

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